Yogyakarta, le coup de coeur

C’est la Java

En un court vol, nous rallions Singapour à Jakarta, la capitale indonésienne. Nous débarquons donc sur l’île de Java, la plus étendue des îles d’Indonésie. Une fois à Jakarta et en découvrant son atmosphère assez étouffante et polluée, nous décidons de ne pas rester et de partir directement en train vers Yogyarkarta, une ville qui attire déjà notre sympathie. Le seul train que nous trouvons à un prix à peu près raisonnable c’en est un qui part tard le soir et arrive au beau milieu de la nuit à Jogja. Sur l’île de Java, la Kereta Api est l’équivalent de notre SNCF et il y a des lignes très régulières.Nous avons donc encore une fois beaucoup de temps à attendre et allons nous mettre au frais dans un mall pour quelques heures. Là, nous rencontrons un monsieur adorable avec qui nous discuterons tout en engloutissant des donuts bien gras de chez Dunkin’ Donuts. Le temps passe finalement assez vite, nous allons à la gare pour attendre et retirer nos billets une heure avant l’embarquement. Ce sont les deux policiers qui font embarquer les gens qui viennent gentiment nous chercher là où nous sommes assis pour nous avertir que l’on peut désormais monter dans le train. Décidément, l’Indonésie, ça commence bien !

Dans le train, les gens s’installent par terre sur des cartons pour dormir entre chaque rangée de sièges. C’est pas pratique pour aller aux toilettes. A notre place il y a une fuite de la climatisation et ça n’arrête pas de gouter. Nicolas fabrique une sorte de dispositif ingénieux avec une bouteille en plastique vide, un sac plastique et du scotch. Les gens nous regardent amusés en train de bricoler dans le train. C’est un succès, le goutte à gouttes s’arrête et le dispositif fonctionne du tonnerre! C’est sur les coup de 4 heures du matin que nous arrivons, frais comme des gardons à Jogja après une belle et mémorable nuit blanche dans le train et 512 kms parcourus !

Singapour- Jakarta :
Nous avons pris un vol avec la compagnie Tiger Air pour 118,56 euros à deux. Arrivés à Jakarta, bus pour la gare pour 40 000 roupies indonésiennes par personne soit 2,80 euros
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Jakarta-Yogyakarta:
Nous étions arrivés à la gare de Gambir mais prenons finalement le train depuis la gare de Pasar Senen car c’est d’ici qu’embarquent les classes économiques et business. Depuis Gambir, seules les classes exécutives embarquent. Cela nous aura couté 260 000 roupies indonésiennes par personne soit 18,5 euros en classe business avec un départ à 19h et une arrivée le lendemain à 4h16

Au tout petit matin

Il est très tôt lorsque nous arrivons à Jogja et pas encore l’heure pour aller faire du porte à porte pour trouver de quoi se loger. A la gare de Jogja, ils ont l’habitude des arrivées nocturnes et nous trouvons un petit café où nous connecter à internet. Comme nous avons le temps, nous bookons une chambre pour trois nuits dans une guest house qui se situe à quelques kilomètres de là. Quand l’heure devient plus raisonnable, nous décidons d’y aller pour tenter un check-in anticipé. A quelques mètres de la gare, nous montons dans le bus 3A qui nous rapproche de notre hébergement. C’est à bras ouverts que le Griya Yunika Homestay nous accueille dès 7 du matin. Le séjour commence très bien dans cet endroit que nous surnommerons l’hôtel du bonheur.

Que faire à Yogyakarta?

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Flâner dans les rues et découvrir des gens incroyables

Notre hôtel étant un peu excentré, il y a plein de petites rues et ruelles adorables tout autour. Pour rejoindre les sites historiques de la ville nous nous aventurons dans des groupements de maisons colorées et pleines de vie. Ici, l’accueil est plus que chaleureux. Où que nous passions et même si nous avons l’impression quelques fois d’être carrément chez les gens, on nous dit bonjour, on nous demande d’où l’on vient, on nous souhaite la bienvenue à Jogja. Quel bonheur. De plus, ces quartiers sont vraiment joliment arrangés, autour d’une vie rythmée par les allers et venues des membres de la famille ou des proches. On s’y sent vraiment bien et les locaux nous mettent à l’aise. Pour trouver ces petits coins de paradis, promenez vous aux abords du fleuve Winongo tout en vous dirigeant vers les sites touristiques.

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Aller se perdre dans les dédales de maisons anciennes datant du sultanat

En approche du Taman Sari, connu aussi sous son ancien nom hollandais waterkasteel (château d’eau) nous arrivons sur ce qui était jadis un splendide parc de loisir, avec palais, bassins et cours d’eau, réservé au sultan et à la cour. Depuis la guerre de Java et le passage plus tard d’un tremblement de terre le site a été bien endommagé et nous  tombons d’abord sur une suite d’habitations vides en pierre datant de l’époque où ce site rayonnait dans tout le pays par sa splendeur.

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Une des portes d’entrée du Taman Sari

C’est vraiment très sympa d’imaginer la vie d’avant, sur ce site qui garde encore une allure folle.

Prendre le frais au bord de la piscine

Toujours sur le site du Taman Sari qui veut dire jardin des fleurs ou beau jardin en français, nous arrivons sur ce qui était la piscine géante du sultan. Cette partie là du domaine a été restaurée contrairement aux autres. C’est sacrément joli de voir ces bassins et leur eau d’un bleu indescriptible.  On se dit alors que ce sultan, le premier de Java avait vu les choses en grand et s’était vraiment fait plaisir. L’accès aux piscines se fait par le sud-ouest du Kraton, le palais royal.

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Les piscines du Taman Sari :
Il faut compter 15 000 roupies indo par personne soit 1 euros pour accéder à ce site et rajouter 2000 roupies pour utiliser son appareil photo à l’intérieur

Imaginer cet endroit originairement entouré d’eau

Un guide nous indique que la plupart des gens confondent l’appellation château d’eau et les piscines qui se trouvent dans le Taman Sari. En effet la dénomination château d’eau par les hollandais vient du fait que l’endroit en photo ci-dessous était une île entourée d’un lac artificiel. Aujourd’hui, il n’y a plus d’eau mais les locaux peuvent vivre encore dans cette cité en échange de travaux d’intérêt publics pour la ville. Yogjakarta leur reverse un petit salaire et les laisse habiter ici, sur cette zone anciennement inondée. D’où l’utilité quelques fois pour mieux comprendre d’avoir un guide local !

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L’eau a laissé sa place aux aménagements pour accueillir les visiteurs

Descendre dans l’étrange mosquée souterraine

La mosquée de Sumur Gumuling n’est vraiment pas comme les autres. Elle se situe sous le parc aquatique du sultan. De forme circulaire, ce lieu de culte qui n’en est plus un a aussi été utilisé comme forteresse. Sur deux étages, le premier était initialement réservé aux femmes tandis que le second était réservé aux hommes. Les cavités de chaque côté font office de lieu de passage desservant les quelques escaliers. La lumière du jour entre par le haut, éclairant avec force cet endroit vraiment particulier.

Encore une fois, se plonger au cœur des lieux de vie des locaux

Où que l’on aille, jeunes et moins jeunes prennent des photos avec nous. On accueille ça avec sourire et joie. Sur le grand square juste avant d’arriver sur l’artère principale de Malioboro c’est une horde d’ados qui s’est jetée sur nous. Beaucoup d’ondes positives et un paquet de sourires plein de dents !

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Mais où est Nico?

Traditionnellement, les jeunes gens viennent ici à la nuit tombée et marchent yeux fermés depuis le début du square pour arriver au milieu des deux arbres en se guidant seulement des bruits environnants. Sur chaque square de la ville, il y a ces deux arbres et ce cérémonial est censé porter chance.

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Comprendre le Batik

Non, le Batik n’est pas un dialecte indonésien, mais c’est un technique ancestrale d’impression sur étoffes. Nous tombons, près du square d’ Alun Alun sur un atelier où l’on a pu observer ces couturières à l’œuvre. Beaucoup de gens et en particulier les hommes portent fièrement des vêtements aux motifs Batik. C’est un procédé qui demande beaucoup de temps et plusieurs étapes. Cela donne des motifs assez réguliers dans des camaïeux de couleurs incroyables.

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Alun Alun Café :
Pour se régaler à la mi-journée cette excellente adresse propose des plats faits minute absolument délicieux. En plus c’est juste en face de l’atelier de Batik. Voici leur page Facebook et leur blog

Manger du café au caca de civette (et aimer ça)

Le guide que nous ne voulions pas forcément au début mais qui s’est avéré être un fin connaisseur du site de Taman Sari nous indique ensuite un endroit où l’on peut boire du « Kopi Luwak« , comprenez du café de civette. Tout cela vaut une petite explication. Tout d’abord la civette ou Luwak grimpe dans l’arbre et mange les cerises de café les plus à son goût. Son choix est toujours un choix premium. La civette alors rassasiée digère la pulpe de la cerise de café mais pas le noyau. Lorsque la civette fait la grosse commission, on retrouve alors tous les noyaux de café intacts. Et mieux encore, les grains sont passés dans le tube digestif de l’animal qui contient de très bons sucs gastriques qui augmentent encore la qualité de la graine finalement récoltée. Les graines sont alors récoltées dans le caca de l’animal qui est presque inodore car il ne se nourrit que de végétaux. Et voilà de quoi faire désormais un bon Kopi Luwak !

Ce café est vendu très très cher partout dans le monde. C’est un des plus précieux dû à sa rareté et au procédé de récolte un peu particulier. La découverte de cet « or d’excrément » date du début du XVIIIe siècle quand les néerlandais créèrent leurs colonies des indes sur les îles de Java et Sumatra. A cette époque ils découvrent sur les îles de grandes plantations de café Arabica. Les paysans qui travaillent sur les plantations sont alors formellement interdits d’en récolter pour leur propre consommation. Malins comme tout, ils remarquent ces graines dans les excréments des civettes et les ramassent pour leur propre usage. Ils contournèrent alors là l’interdiction et les consommèrent comme aujourd’hui, nettoyées, grillées et moulues. Bientôt les colons ne tardent pas à s’en rendre compte et à faire commerce de ces grains précieux à des prix défiant déjà toute concurrence pour l’époque.

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Tutut la souriante

Dans ce café où l’on est super bien reçu on fait la connaissance de Tutut et de Lutvi, le Luwak de compagnie obèse mais adorable. Tutut nous fait profiter d’une dégustation du fameux café et de deux autres variétés dont un café aux épices absolument délicieux. Verdict, le café Luwak est vraiment bon, très savoureux et fort en bouche. C’est une belle découverte gustative. En prime, Tutut nous donne un petit cours d’indonésien, des essentiels qui sont pour la plupart entrés dans nos têtes. Nous passons vraiment un très bon moment au HEIHO Kopi Luwak et même si la note est un peu salée on ne regrette pas.

HEIHO Kopi Luwak :
Dégustation de trois cafés différents dont le kopi Luwak pour 120 000 roupies indonésiennes pour deux soit 9 euros. Petit gâteau, moment mignon avec Lutvi et super ambiance avec Tutut en prime

Tester un autre endroit (voir si le caca est aussi bon)

Un jour après, on teste un autre endroit sur les conseils d’un gardien de musée avec qui nous avons sympathisé. Cette fois on arrive dans un lieu où ils font le tri des grains de café. On en sait un peu plus encore sur le procédé de séchage, de torréfaction.  Il y a pas mal de Luwak en cage et ça fait de la peine car ils devraient être en train de manger dans les arbres et de déféquer en pleine nature. De plus on sent vraiment l’endroit où ils font du tri lorsqu’il y a du touriste mais s’arrêtent aussitôt dès qu’ils repartent. Et cerise sur le gâteau, le café Luwak que nous goûtons ici est largement moins bon !

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Ballade en tuk-tuk local sous la pluie (40 000 roupies aller-retour)

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Prendre un bain de foule à Malioboro Street

Malioboro Street c’est THE rue à Yogyakarta. C’est un sacré bordel rempli des voitures, de tuk-tuk, de magasins, d’étales de marché, de performers… On trouve ici une ambiance vraiment bon enfant et toute la ville s’y retrouve particulièrement en fin de journée. Il faut savoir qu’à Jogja la grande majorité des lieux touristique est fermée l’après-midi. Du coup, locaux et touristes se retrouvent tous ici en milieu d’après midi et il faut sacrément jouer des coudes pour se frayer un chemin à travers la foule !

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Et enfin, se prélasser dans notre hôtel vraiment incroyable

Cela n’arrive pas souvent que nous parlions d’un hôtel mais celui-ci vaut vraiment le commentaire suivant:

Finissons par le top du top, le Griya Yunika Homestay B&B,la Guest House où nous avons passé quatre nuits. Nous ne voulions plus en partir tant le service et la qualité de l’établissement étaient irréprochables pour un prix vraiment plus que  raisonnable. Le service est ici digne d’un très grand hôtel et en dépasse de très loin certains affreusement chers dans le monde entier. Bella qui travaille ici en réception a su anticiper le moindre de nos souhaits. Par exemple, nous étions dans une chambre qui donnait sur la rue et il s’avère que le deuxième soir il y a avait un mariage un peu bruyant. Sans que nous n’ayons rien à demander elle est venue frapper à notre porte pour nous proposer de changer pour une chambre plus au calme. Il s’avère qu’en plus nous avons été surclassé. Les petits déjeuner servis sont absolument délicieux et le staff en charge du matin est adorable et attentif. Que dire de plus, les chambres sont belles, faites chaque jour avec amour et tout en détail, les parties communes sont charmantes et la piscine petite mais parfaitement aménagée. Oui, c’est un coup de foudre et un grand chapeau bas pour la gestion de cet établissement.

Et pour finir en beauté notre séjour, nous demandons de l’aide à Bella pour réserver nos prochains billets de train. Elle se propose de partir de l’hôtel quelques minutes pour nous accompagner à une borne. Là, une fois les billets achetés, elle nous dit qu’elle ira les récupérer physiquement pour nous le soir même pour que nous n’ayons pas à nous lever trop tôt le lendemain. Sourire ébahi. Au petit matin lorsque nous devons partir elle nous dit que la circulation est dense et qu’elle a peur que nous arrivions en retard avec un taxi. Elle et son collègue se proposent alors de nous emmener en scooter à la gare, gratuitement. Sourire ébahi bis.

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Voici alors comment finir en beauté un séjour inoubliable à Yogyakarta où l’échange et le partage valent bien plus qu’une liasse de billet. Si vous passez par Java et c’est un très bon choix, vous savez maintenant où aller 🙂

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4 réflexions sur “Yogyakarta, le coup de coeur

  1. c’est avec beaucoup de nostalgie que j’ai lu votre article et vos photos.
    J’ai vécu 6 ans à Yogya (en fait dans un village tout près – « Turi ») et je ne compte pas les heures passé dans cette ville trépidante. Il me tarde d’y retourner.

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